La muscu des plantes carnivores

Je voudrais savoir comment les plantes carnivores font pour se refermer sur les insectes. Ont-elles des « muscles » ou des « nerfs »? AaaAaaaAh ! La mignonne petite question que je reçois ce matin.

Eh bien voilà : ni muscle ni nerf – sympa comme slogan – chez les végétaux car sinon, ce seraient des Ents et à ma connaissance, il n’y en a que dans le Seigneur de anneaux, et si les Ents s’étaient déjà rendus compte des effets du réchauffement climatique et de leurs responsables, ils seraient déjà venus nous casser la figure… Donc, cette hypothèse tombe à l’eau.

 

Par contre en ce qui concerne le mouvement impressionnant de nos plantes, il s’agit d’un problème de transport actif d’ions et de turgescence. Je m’explique. Les cellules végétales fonctionnent comme le système ballon-baudruche : la paroi cellulosique, rigide et à l’extérieur peut être gonflée par sa baudruche, la vacuole. La vacuole, réserve d’eau des cellules végétales, peut être gonflée ou dégonflée en eau selon les conditions hydriques du milieu. Quand les vacuoles des cellules sont pleines, la plante est turgescente, elle est droite et rigide, sinon, si les vacuoles sont vides, les cellules sont « dégonflées », la plante fane.

 

 

En ce qui concerne nos plantes dites carnivores, on pense de suite à la famille des Droséracées (car toutes les plantes carnivores se sont pas capables de mouvements) dont les mouvements de la Dionée sont particulièrement impressionnants :

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Dans ce cas, la plante est capable de compter sur son stock d’eau pour réguler la turgescence de ses cellules et tout cela, en créant une pression osmotique différente entre plusieurs cellules. Pour ce faire, lorsque la plante reçoit le signal qu’une pauvre mouche est venue fourrer ses organes buccaux dans le creux d’une « mâchoire » du végétal, le tissus cellulaire qui fait office de charnière de la « bouche » de la plante fait circuler l’eau d’une couche de cellules vers une autre :

 

Je sais, l'image est pourrie, mais en plissant les yeux on arrive à lire quand-même un peu.

Je sais, l’image est pourrie, mais en plissant les yeux on arrive à lire quand-même un peu.

 

Cela se fait grâce au transport actif d’ions d’une cellule à l’autre, ce qui engendre une circulation d’eau de part la variation de pression osmotique et une dépense d’énergie, sous forme d’ATP (généré par une potentiel chimique engendré par un gradient de protons, dans les mitochondries mais ça, c’est une autre histoire…). Ce mouvement est très coûteux en énergie pour la plante ! Elle ne le fait que si la prise est sûre. Attention donc où vous mettez les doigts ! Arf.

 

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Eric Leeuwerck
Je suis un barbouze de l'enseignement des sciences et un acharné des manips à l'arrache. Je sévis actuellement à Kigali. Voilà.

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