Einstein était un réfugié

Qui voyez-vous sur la photo ? Un réfugié. Albert Einstein a fui le régime nazi. Il avait de plus en plus de difficulté à exercer ses fonctions à l’Académie prussienne des sciences, malgré son prix Nobel de physique décerné en 1921. En 1931, il s’exile aux États-Unis.

Il était passionné de math et de musique durant sa jeunesse. Loin d’être un bon élève, un de ses professeurs lui dit même « vous n’arriverez à rien ». Maja, sœur d’Albert Einstein, raconte qu’il présentait de telles difficultés dans ses premières années avec le langage que sa famille doutait qu’il puisse parler un jour.

Malgré cela, il désire quand même étudier le génie mécanique en études supérieures. Il échouera une première fois à l’examen d’admission de l’Ecole polytechnique de Zurich. Il réussira cependant à s’inscrire dans une autre école plus tard mais n’atteindra pas l’excellence à laquelle on se serait attendu de la part d’un personnage de son envergure ! Plusieurs biographes soupçonnent même que ce génie du 21e siècle aurait été atteint de troubles de l’apprentissage comme la dyslexie ou même la dyscalculie, au vu de ses fréquentes erreurs de calcul et des sueurs provoquées chez Einstein par les tables de multiplication.

Einstein se dégotera finalement un petit boulot sans envergure comme expert technique au Bureau des brevets de Berne. Débuts professionnels décrits par Einstein comme « comiques » et « catastrophiques » par d’autres. De quoi subsister lui et sa famille. Pendant ses heures libres, il travaille à sa passion, la physique.

Jusque-là, Einstein est un monsieur tout le monde.

Mais ses efforts paieront, en dehors de tout cercle académique classique, il travaille toujours à la maison sur sa physique et publiera en 1905 trois articles majeurs de la théorie de la relativité ! Ce sera alors, enfin, le début de sa carrière universitaire.

En 1921, lors de son premier voyage aux Etats-Unis, Albert est interrogé sur ses connaissances scientifiques de base. À la question :  » Quelle est la vitesse du son ? « , il répond : « Je ne sais pas. Je n’encombre pas ma mémoire avec des faits que je peux retrouver dans une encyclopédie ». Seul un prix Nobel peut se permettre ce genre de réponse.

Que se serait-il passé pour Einstein et sa famille s’ils avaient dû s’exiler avant 1921 ? Mieux vaut ne pas y penser puisque c’est en 1931, dix ans après sa reconnaissance mondiale avec son prix Nobel de physique qu’Einstein prend la route de l’exil, pour la même raison que des milliers de personnes aujourd’hui. Oui, c’est pour la même raison qu’Albert Einstein a décidé de s’exiler et que des milliers de migrants risquent leur vie sur des embarcations de misère en Méditerranée : fuir la déshumanisation. C’est la déshumanisation qui pousse des milliers de personnes à fuir leur maison. Ne plus être humain, c’est ne pas pouvoir assurer sa survie, être menacé de mort par un régime autoritaire pour lequel notre opinion politique, religieuse mérite une condamnation, c’est être étouffé par un gouvernement rapace qui se met tout dans les poches, c’est avoir une gueule qui ne revient pas aux autorités, ce sont des changements climatiques qui dévastent notre environnement, c’est une économie internationale qui spécule sur les matières premières et vide nos poches, ce sont des armes qui éclipsent l’Humanité.

Albert Einstein et sa femme ont œuvré sans répit pour les réfugiés juifs allemands et se sont impliqués personnellement pour plusieurs d’entre eux. A cette époque, Einstein écrit « je me sens  privilégié de vivre à Princeton, mais dans cette cité universitaire, nous n’entendons pas les voix chaotiques du peuple en lutte. J’ai honte de vivre dans ce luxe alors que les autres souffrent et luttent pour leur survie. » L’Initiative académique allemande Albert Einstein pour les réfugiés octroie des bourses d’études à quelque 2 000 réfugiés de par le monde.

La dignité, c’est ne pas se laisser mourir. Les milliers de personnes qui mettent leur vie en péril pour tenter de rejoindre des terres plus sûres sont en lutte. Soutenons-les.

« Einstein était un réfugié », c’est aussi un court-métrage traitant de l’immigration.

 

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