[Mondochallenge] – La drague –

Un challenge, trois mondoblogueurs (Le Volapük, L’appel du griot et moi) et un seul sujet : la drague. Rock.

La drague ? Noooon ! Pas ça ! J’aurais même accepté de parler politique, mode ou pire encore : foot ! Mais pas la drague ! Je sors mon fouet à clou (oui, un seul clou, je suis un tout petit peu sado).

Voici mon problème. Il fut un temps où la présence d’une personne de la gente féminine à moins de trois mètres de moi provoquait l’effet suivant (et ce n’est pas ce que vous croyez) : une énorme montée d’adrénaline.

« L’adrénaline est sécrétée en réponse à un état de stress (…), entraînant une accélération du rythme cardiaque, une augmentation de la vitesse des contractions du cœur, une hausse de la pression artérielle, une dilatation des bronches ainsi que des pupilles.

Elle répond à un besoin d’énergie, par exemple pour faire face au danger.« 

(Merci wikipedia)

J’avoue que ce n’est pas sexy comme entrée en matière et encore, je vous épargne les passages sur la sudation excessive. Mais voilà, j’ai été une personne très timide et la drague pour moi, c’est un sujet difficile à traiter. C’est pas que j’y connais rien en drague, je sais tous les petits trucs et astuces mais quand on a un système limbique qui s’affole, la théorie de la drague reste de la théorie.

Système limbique ? Je m’explique. Avoir de la conversation être sûr de soi, être émotif ou pas, avoir confiance en soi, tout ça, c’est dans la tête. Et notre cerveau, il est dans notre tête (si si, je vous assure !), il dialogue constamment avec lui-même, entre trois parties qui ont chacune leur personnalité :

cerveau

Le cerveau des émotions en très très simple – Rock’n’Science

Le tronc cérébral, qui se comporte un peu comme un homme préhistorique. Il agit à l’instinct et gère des choses telles que l’instinct de survie, et… l’instinct de reproduction. C’est lui qui estime quel prototype de partenaire sexuel est potentiellement « bon » ou « pas bon » (selon ses propres termes).

Le cortex qui est une sorte d’intellectuel, doué de logique et de rationalité, il passe son temps à observer, interpréter, anticiper. Il communique sans cesse ses observations aux autres parties du cerveau.

Enfin, et c’est lui qui m’a causé des problèmes en tant que timide, le système limbique a la personnalité d’un type hyper-sensible et agit comme un lanceur d’alertes.

Les dialogues entre ces trois compères peuvent prendre la forme de :

  • « Ah ? une femme ! Observe Cortex, elle a l’air jolie mais elle est un peu loin, vous en pensez quoi les gars ?  »

Tronc Cérébral, aux rustres habitudes préhistoriques fait remarquer qu’elle a l’air « bonne » car elle a de « bonnes loches », ce à quoi le cortex répond que « ce n’est pas comme ça qu’on va aborder la dame. »

Mais Tronc Cérébral persiste :

  • « Bonne ».

Afin de tempérer, Cortex remarque que, puisque la connaissance populaire stipule « bien de loin, loin d’être bien », un rapprochement physique serait nécessaire. Et là, le système limbique se fait remarquer.

  • « Quoi ? Se rapprocher ? Mais… elle va nous voir !
  • Tranquilou Limbique ! Rétorque Cortex, c’est pas comme si on la draguait, on se rapproche pour voir si elle vaut la peine d’être draguée, c’est tout !

  • Ouais c’est ça ! Mate et drague mon gros, lance Tronc Cérébral, ce gros rustre !

  • Mais enfin, s’indigne Cortex, quelles manières !

  • C’est comme ça que j’ai survécu à tous ces millions d’années gros naze, lui répond Tronc Cérébral !

  • ARRÊTEZ TOUT DE SUITE DE VOUS DISPUTER ! »

Limbique est au bord de la crise de nerfs et le « baltringue va ! » lâché par Tronc Cérébral n’arrange rien et ce, malgré les informations rassurantes de Cortex :

  • « Alleeeeeez quoi ! Elle a l’air sympa ! Elle ne va pas nous manger, on ne drague pas une zombie bouffeuse de cerveau !

  • Oui mais c’est une femme ! Elle peut se moquer de nous et on va se taper la honte !

  • Mais elle est peut-être gentille, on n’en sait rien !

  • Belle paire !, fais subtilement remarquer Tronc céphalique.

  • Une belle paire de quoi ?, demande Cortex.

  • Et en plus elle a de belles paires ?, s’inquiète Limbique. Ça veut donc dire qu’on n’est pas les seuls à vouloir la draguer ! Elle va nous jeter des pierres et se moquer de nous ! Et tout le monde aussi va se moquer de nous ! Ce sera notre suicide social de draguer cette fille ! Oh putain ! Je flippe les gars, JE FLIIIIIIIIIIPE !

  • NOOOON, crie Cortex, n’appuie pas sur le bouton !

  • FEEEEEESSSSSSSSEEEEEEES ! (Tronc céphalique)

  • Ok ! Je panique !

  • NOOOOON !

  • CUUUUUL !

  • Ne fais pas ça, pas sur le bouton ! PAS L’ADRENAL …

  • … TROP TAAAAAARD !

Et à ce moment, le corps tout entier se figea. Les paupières de l’œil gauche, mues par un spasme, donnèrent à l’individu tout entier un air niai, bête. Les auréole commencèrent à apparaître au niveau des aisselles. Le corps tout entier fit demi-tour, la queue mue entre les pattes.

Jeff Ikapi, cerveau

Conflits cérébraux et drague – Merci Jeff Ikapi pour le dessin !

Qui a connu ça ? Lève les bras en l’air ! Ah non, on peut pas, on a des auréoles en-dessous des bras.

En tous les cas, moi j’ai connu ça. Même pire. Ado, des filles se sont moquées de mon comportement « bizarre », de mon allure de « geek », et ont affirmé avec de stupides complices bêtes et méchants (des ados quoi) que j’étais moche et con. Le système limbique étant également le siège de la mémoire émotionnelle accumule ces informations et plus ça se passe mal, plus il intègre l’information que « draguer = honte ».

Alors, comment s’en sortir ?

Ce n’est évidemment pas une recette universelle, chacun trouvera le moyen de s’en sortir (la timidité n’est pas une fatalité) mais partir de son contexte, se forcer à se confronter à des situations nouvelles aide pas mal : on augmente les chances d’accumuler des expériences positives. Et le système limbique s’en souviendra, il aura moins peur de situations répétées positivement comme être en présence d’une fille et d’avoir une chouette conversation avec elle, se marrer pour des conneries, être complices.

Pour ma part, ma solution a été de prendre mon sac à dos après mes études et de partir. J’ai rencontré plein de gens et j’étais obligé de parler avec eux, de nouer des contacts, même avec de belles filles et ça s’est très souvent bien passé ! Il m’est même arrivé de me faire draguer (ouais, c’est ça, fais le malin !).

J’ai longtemps pensé que la sélection naturelle aurait raison de ma lignée et de sa timidité… Je me dois de vous l’avouer mais, c’est après mes vingt ans que j’ai eu ma première petite amie. Mais voilà, j’ai réussi à rencontrer une personne que j’arrive à faire rire, malgré tout ce qu’elle a vu et vécu. Et pour ma part, j’arrive à lui montrer que je me sens bien avec elle.

C’est important de montrer qu’on se sent bien.

Ce sera ma conclusion et mon seul conseil de drague.

9 réflexions au sujet de « [Mondochallenge] – La drague – »

  1. Tu as fais un bon boulot Éric. J’aime bien la manière qui diffère de la mienne et de celle de Warda. Ça montre que le sujet peut être abordé sur une multitude d’angle. Big up à toi!

  2. Wow! Le matheux! J’ai beaucoup aimé l’approche et je me suis demandée ce qui se passait aussi dans ma tête dans la même circonstance… Mais aujourd’hui, ta timidité est « craquante » ou bien?

  3. Je crois qu’en drague, il n’y a pas de formule toute faite qui marche à tous les coups. Ce n’est pas une science exacte. Tu te dis que tu as bien préparé ton discours. Mais, une fois devant elle, tu te mets à bégayer, à perdre ton latin et à aligner des phrases illogiques. Il faut le vivre… Lol!

  4. Ping : La St Valentin du côté des blogs scientifiques - De la science sauvage pour des cerveaux en ébullition

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