Voter utile, sans le climat ?

En France, il faut voter. Comment tenter d’introduire les problèmes environnementaux, et le climat dans le deuxième tour de cette élection présidentielle ? Pas en votant pour la droite, mais en votant contre l’extrême droite. À chaud.

Je suis un peu nerveux, je dois l’avouer. Raison pour laquelle j’écris ce billet, à chaud. Un dicton de mon plat-pays dit que si il pleut en France, il bruine en Belgique alors oui, je m’inquiète.

Que les français choisissent Le Pen ou Macron, le climat, la biodiversité, l’environnement sont perdants. Ces considérations n’ont jamais été au cœur de la campagne, et relèvent d’un intérêt mineur. On en parle, évidemment, mais c’est un peu le « plus » pour une campagne, un peu comme se remettre une mèche de cheveux rebelle avant de sortir des toilettes après avoir fait un gros caca.

Défendre l’écologie est encore associé à un caprice ou à un engagement de type hippie fumeur de cannabis. Je ne veux pas ici vous parler d’idées mais de faits :

Courbe de Keeling depuis 1700

Courbe de Keeling. Relevés de CO2 atmosphérique depuis 1700

Ça ne vous parle pas ? Il est parfois nécessaire de prendre de la distance, regarder les choses de loin, mettre en perspective :

Courbe de Keeling perpective

Courbe de Keeling mise en perpective

La « courbe de Keeling » oscille mais avance inexorablement, comme les aiguilles d’une horloge… Tic-tac.

Et voilà une autre d’horloge, « doomsday clock » :

Doomsday clock

Minuit, c’est la fin de l’humanité. Là, en ce moment, il est minuit moins deux minutes trente secondes. Les problèmes environnementaux nous ont rapproché inexorablement de l’heure fatidique.

Et en cette heure fatidique, la France se doit de choisir entre un candidat néolibéral et une candidate d’extrême droite.

Alors, peste contre choléra ? Dichotomie démagogue. Même si pendant ma folle jeune jeunesse étudiante je pourrais dire que j’ai autant manifesté contre le néolibéralisme que l’extrême droite, je ne pourrais pas m’imaginer laisser la moindre chance à l’extrême droite. Car oui, le Front National, c’est l’extrême droite. En costard cravate, même si la forme change, le fond est le même : la haine.

Malheureusement oui, voter pour le néolibéralisme, ça ne remettra pas le climat sur le devant de la scène mais c’est être sur que l’extrême droite ne passe pas. Est-ce que l’argument de l’environnement interviendrait encore dans ce choix de deuxième tour en France ? Moi, je dis oui.

Si le FN passe, même de peu, il s’en prendra aux communautés : idéologiques, culturelles, politiques, sociales. Et c’est là l’argument environnemental. La résolution de la crise climatique et environnementale est entre nos mains, nous tous, membres de la société civile. C’est nous qui faisons des potagers collectifs, c’est nous qui décidons d’aller acheter nos produits chez l’épicier du quartier, de se rendre chez nos producteurs locaux, de communiquer, d’informer, de faire réparer nos machines chez nos potes, de prendre le vélo, de partager une voiture, de créer, de lutter ensemble, de mettre en commun nos compétences. Des temps difficiles nous attendent, nous allons devoir traverser une période sombre, incertaine.

Nous avons plus de chances de nous en sortir en nous serrant les coudes qu’en nous tapant dessus et en foutant tout le monde hors d’absurdes frontières.

 

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