Pour conclure ma crise éditoriale

Je continue à bloguer ou pas ? Je vais vous dire quoi… avec l’aide d’un condensé de vos commentaires, conseils et partages d’expériences

Bon voilà, il a pas un peu fini avec sa crise éditoriale de la dernière fois lui ? Il a fait son « Drama Queen » ? Hein ?

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Crédits : earlymanmovie.com/

D’abord, je dois vous remercier pour vos commentaires, messages mails et FB, conseils, soutien, témoignages, que ce soit dans les communautés de blogs scientifiques ou Mondoblog, vous êtes super les gens ! Ça a clairement cassé l’impression de solitude que j’avais pu ressentir sur le Net…

On partage un malaise

Au sujet de ma crise éditoriale, je me suis rendu compte, en lisant vos messages, que pas mal d’entre vous passaient par les même épreuves de doutes et de questionnement vis à vis du blogging…

« Mince, c’est incroyable comme ton billet me parle » explique Dieretou, « si ça peut te consoler ou te rassurer, je traverse la même crise, à quelques nuances près. Si tu veux, on crée le club des « blogueurs en crise anonymes » ? » Ok pour le club Dieretou ! A ce sujet, Micrologie a bien raison en disant que  « avec quelques lecteurs fidèles on a plus de rigolades qu’avec des milliers de clics anonymes (et parfois même pas « humains ») qui font monter les stats. Alors, oui, on monte un club quand tu veux, mais pour aller boire une mousse ! » Aaaaargh ! Comme j’aimerais boire une mousse ! Allez, je m’en ouvre une.

Je continue à citer Micrologie : « oui, quand on traîne trop dans les collectifs de bloggueurs on a parfois le sentiment d’être complètement à l’ouest… (pire, d’avoir pris un gros coup de vieux :), et face à la dictature de Google analytics et du nombre d’abonnés, « mais qu’est-ce que je fous là ? » »

Taupo témoigne aussi : « Hey! Comment je comprends ce que tu traverses! J’en suis au même point avec SSAFT. 4 mois que je n’ai pas blogué… Près d’un an sans rédaction régulière. Comme toi j’ai testé d’autres formats (la vidéo, l’orga d’évènement, les présentations, le livre, etc.) et aucun ne me convainc aussi bien que le blogging, mais le blogging a perdu sa saveur des premiers jours. C’est peut être un passage obligé pour tous les touche à tout. »

Oui, le blogging a perdu sa saveur des premiers jours… « Il faudrait pouvoir reprendre les choses depuis le début » écrit justement Micrologie, « mais cette fois comme un vrai choix (non une espèce de contingence, un concours de circonstances ou cet espoir non formulé qui nous fit démarrer le projet) : écrire, raconter des histoires et donner tout ça en pâture à qui le veut bien. »

Et Annalisa nous rejoint aussi sur ce point : « moi aussi je me décourage parfois, des heures et des heures à écrire, éditer publier, partager pour quelques centaine de lecteurs, alors que n’importe quel vidéaste dit une connerie et a 10000 followers 😞 ça veut pas dire qu’il y en a pas de bons hein« . C’est, encore une fois, pointer dans le mille cette histoire de « followers » sur certaines vidéos Youtube stupides. Je m’explique :  j’ai une fois regardé un tuto pour bien se couper la barbe sur Youtube (euh… oui, je regarde des tutos pour me couper la barbe. Alors quoi ? T’as un problème ?) et je suis tombé sur un youtubeur qui expliquait (et qui explique toujours d’ailleurs, tu verras, si tu cliques sur le petit rectangle au milieu de l’image, il va t’explique un truc. Ah ? Tu connais Youtube ? Pardon.) comment se couper la barbe mais sans se couper la barbe pour de vrai et le type se tape presque 800000 vues et 4000 likes ! Il mime aussi un shampoing de barbe. Extraordinaire, voyez plutôt :

Si Guy évoque cette période de doute comme un âge d’or du blogging, « c’est quand on en vient à bloguer sans trop savoir pourquoi, sans objectif précis. Sans pour autant perdre la qualité de son écriture (…) » d’autres parlent de la crise du blogging alors…

…Est-ce que c’est la crise du blogging ?

« Non, non » s’exclame Micrologie , »c’est pas la crise du tout, mais plutôt une reprise en main de la démarche. La promo ça saoule, c’est comme la com’ pour la com’, et le SEO est une prison. Ça oblige à des remaniements de textes, pas d’allitération, pas de jeux de mots, attention votre titre est trop court, attention il n’y a pas de liens internes qui font chier tout le monde, attention vous ne répétez pas 50 fois le même mot. On se demande si on peut encore écrire… et du coup, si on a vraiment envie de s’adapter à la fabrique… Quand on a explosé sa télé (avec une guitare hahaha), ce n’est certainement pas pour refaire aujourd’hui la même chose avec le net. »

Crédits : therecycler.com

« Mais je crois« , me dit Françoise , « que tu interroges surtout la question du plaisir qui ne se partage pas comme dans la « vraie » vie avec de « vrais » amis. Et pourtant, plus le monde réel ou virtuel cultive sa fascination des trous du C…, (…) plus j’ai besoin d’action, de rencontres, d’ailleurs, pour écrire, penser, danser avec ce cavalier fantôme qu’est le lecteur imaginaire pour qui j’ouvre les vannes de ma conscience. Alors on danse… »

Et c’est un problème similaire que soulève Constance : « je déplore comme toi le cloisonnement de la toile comparé à ses débuts, et toutes les frontières que nous, utilisateurs, subissons désormais dans nos usages au quotidien : je parle notamment des règles mises en place par les GAFAM qui régulent désormais l’archivage et l’apparence de tout le web. Mais je pense qu’il y a aussi de l’espoir (…) » Et cet espoir réside dans la diversité du web dit encore Constance !

De l’utilité du blogging

Alors donc, pourquoi blogueur ? L’énigmatique P.E.S.Y. écrit qu’ « il faut aimer ce qu’on fait et faire ce qu’on aime. Mais on ne peut pas se disperser. Il faut « vendre » – pour vivre – ce qu’on fait. Il est normal d’avoir des « crises de croissance ». (…) Être chercheur est mieux qu’être blogueur. Avec ça, arrangez vous. »

Taupo est plus concret, « j’essaie de me répéter quelque chose que je trouve important: la production, c’est bien, mais avant tout, c’est ce qu’on met dans sa propre caboche et celle des autres qui compte. Tant que tu arrives à trouver un moyen de faire ça, tu ne peux pas être sur la mauvaise piste ! Courage !  »

Tchakounté partage son expériences personnelle : « (…)  j’ai passé deux ans à réfléchir sur la méthode à adopter pour être utile à ma société. Ma communauté de handicapés a sérieusement besoin d’une visibilité. Quand je me suis rendu compte que l’écriture était une arme de combat pour me libérer des pressions sociales, j’ai alors opté, à la place d’un livre, pour le blog qui a l’avantage d’être lu par des millions de personnes. Mon objectif c’est de partager ma vision sur des questions existentielles, tout en alertant l’opinion (…). »

Une autre chose importante que souligne Ecclesiaste (binôme, check) c’est que « on ne voudrait surtout pas que tu arrêtes de continuer à nous raconter tes histoires… » Oui, des histoires ! Qui ont du sens pour nous et nos quelques lecteurs. Quelques lecteurs ? Oui, quelques lecteurs fidèles, des potes car la quantité n’est qu’illusion, l’interaction est réelle et authentique !

En fait, si les blogs ne reflètent pas la vie et qu’ils perdent de leur spontanéité (peu importe le nombre de clics), ils ne sont pas utiles, je pense. C’est le point de départ des blogs, non ? Raconter nos tranches de vie, des instantanés écrits à partager.

Au sujet de Facebook

Instantanés de vie. Les réseaux sociaux comme Facebook se sont appropriés la puissance et l’utilité des blogs pour les vandaliser et les dénuer de valeur. En tous les cas de valeurs humaines. Corinne me fait parvenir cet article : les réseaux sociaux sont-ils en train de mourir ? Lecture recommandée.

Constance précise : « lorsque tu parles de fatigue face aux réseaux sociaux, Facebook en particulier, je pense que beaucoup pensent la même chose que toi. La déconnexion est un mouvement qui se répand de plus en plus. Je ne crois pas personnellement, qu’elle s’oppose au fait de blogguer. Si tu te sens dépendant à ces réseaux, qu’ils nuisent à ta vie de famille, c’est peut être qu’il est temps de les quitter. Sans forcément quitter le blogging.  » Et là, j’ai une réponse concrète ! Il est possible de blogueur sans les réseaux sociaux !

Thierry explique : »de mon côté, j’en avais ras le bol d’avoir des lecteurs sur FB et pas de lecteurs sur mon blog. Alors, (…) j’ai décidé de me couper du plus chronophage des deux. Quand je dis chronophages, je ne veux pas dire que j’y passais plus de temps, mais que j’y perdais du temps…« 

La réponse : stop ou encore ?

Vous avez envie de savoir, n’est-ce pas ? Hein ? T’as envie de savoir, hein ?

Alors, elle est où la réponse ? « Dans ton cœur« , comme le suggèrent Sonia (qui me propose aussi ses services comme thérapeute… Quoi ? Être meilleure blogueuse de Côte d’Ivoire ne te suffit pas ?) et Corinne. Oui, c’est bien une question d’amour, « Il faut aimer ce qu’on fait et faire ce qu’on aime. (…) » dit P.E.S.Y.

Je vais vous la donner ma réponse. Mais d’abord, je voudrais citer Micrologie (qui cite aussi) en se posant la question « Qu’est-ce qui compte vraiment ? Je me permettrais une citation du dernier livre du philosophe François Julien (…) : « c’est ce qui se passe « en interne », entre soi et l’œuvre, dans le huis-clos qui se referme alors, qui compte désormais. (…) La pensée de la première vie s’accordait un temps illimité, en même temps qu’elle était pressée de se fixer et de s’imposer ; la pensée de la seconde vie sait désormais que son temps est compté, en même temps qu’elle ne se met plus sous la pression de réussir. »

Et bim.

Donc voilà : j’ai décidé d’arrêter…

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Crédits : giphy.com

…Facebook et aussi Twitter ! (mais pour ce dernier, ça ne va pas changer grand chose, je n’ai jamais vraiment compris ce truc). Je vais me donner une semaine pour arrêter Facebook, une semaine de traitement palliatif où je vais bombarder mes amis virtuels de photos et images étranges et qui reflètent ma perception de cette vie numérique, que je débusque en écumant le fond du Net 🙂

Crédits : oddee.com

Youtube ? je vais continuer à y mettre des vidéos en dilettante. Même si ça prend du temps, faire des vidéos c’est toujours un bon moment de rigolade !

Et le blog ?

Bon, eh bien…

 

[\begin emotion]{SUSPENSE}

 

…je continue.

 

[\end emotion]{SUSPENSE}

 

Mais c’est en grande partie grâce à vous. Je dois vous remercier. Vous m’avez aidé à distinguer le superficiel et l’essentiel dans le blogging.

Mais bon, ça ne sera pas sans efforts hein ! Je compte changer ma manière de blogger enfin, je veux dire que je veux revenir à quelque chose de plus spontané et authentique. Il va falloir que je me choisisse un nouveau papier peint, une nouvelle bannière et image de fond. Le concept Rock’n’Science va doucement s’effacer pour aller vers d’autres modèles d’expression… Sproutch Lagrenouille va plus souvent prendre la parole et digresser sur la science, sur ses réflexions, sur des questions de lecteurs, réflexions d’élèves, lectures d’articles, partager plus d’observations de nature… Vous en saurez un peu plus sur la personnalité de Sproutch Lagrenouille et la raison de son existence dans un petit temps.

Bon, voilà, j’ai fini ma mousse et, d’une certaine manière, je l’ai bue en votre compagnie !

Pour conclure, Simon a dit que « le fait que tu ai continué tout en étant père de famille montre que tu n’est pas un Mohican mais un véritable Jedi du blogging. (…)« . Ah ouais, ça me parle ça ! Et je me suis rendu compte qu’il y a plein de Jedi du blogging autour de moi ! Et il faut défendre nos blogs à nous, ceux qui parlent de nos vies, nos quotidiens, de nos rôles dans la société.

On a tous une histoire à raconter.

Merci.

Crédits : chilloutpoint.com

9 réflexions au sujet de « Pour conclure ma crise éditoriale »

  1. Bon, Comme tu veux ! Mais je vais te dire un truc: « Ton nombril social te gêne ». Exégèse : Tu sembles savoir écrire et pouvoir être original. Un blog est TRÈS circonstanciel, transitoire, fongible et périssable. Au but d’un temps il ne reste que « toi » pour voir dans tes vieux blogs -que plus personne ne regarde- les fruits de ta pensée. Ils ont été engloutis par le passage du temps. Il est très 2017 de blogguer, mais a moins de faire une source de revenus, ce n’est que de l’art solitaire, de « l’onanisme du nombril social ». Tes lecteurs sont des « picoreurs ». Ingrats. Ils butinent le miel des idées ou d’un savoir, et ne te donnent rien, ou qu’ une certaine « sympathie ». S’efforcer a faire « La réputation d’un pseudonyme » – ou blog – est – en plus d’être incongru, ou avoir l’ incohérence d’un oxymore – du gaspillage de tes efforts, de là, mon diagnostique: de l’onanisme de ton nombril. (Je suis, maintenant, perplexe, l’onanisme (= solitaire) peut être « social »?)(A moins que cela ne reflété précisément l’inanité intrinsèque de faire un blog)
    Prescription : Donc écris sur ton nom et faits toi payer pour ça.
    (Mais j’ai 75 ans, donc suis « out »)

    • Non, je ne pense pas… Pour ma part, j’ai mes carnets remplis de trucs à écrire. Ce qui me décourage c’est le temps investi dans un article qui traite de sujets importants, ou que j’estime important du genre biodiversité, racisme, etc. et le peu d’intérêt suscité par rapport à des sujets plus légers.

      • J’avais vu ton « Nom ». Mais j’ai pas voulu te le « donner » expressément. Puisque 90 % de lecteurs ne le cherchent ou voient pas. T’as vu que Pierre Barthélémy publie et vend la récollection de ses chroniques. Par ailleurs des journalistes scientifiques (free lance ?) vivent (ou survivent). J’avais été voir tes vieilles chronique et vu que beaucoup restaient a 0 commentaires Je comprends que c’est rageant. Toute crise est salutaire. Courage

      • En tous cas garde courage, on sait tous que la science est un sujet qui est globalement moins populaire que des sujets « plus légers » mais c’est aussi notre passion, et tu contribues avec d’autres à faire en sorte que le nombre de gens qui s’y intéressent augmente.

        Rien que ce point là mérite le respect 🙂

  2. « Va où le vent te mène. » 🙂

    Je ne voudrais pas que ce soit mal interprété. Le problème de facebook, c’est qu’ou bien on reste discret et peinard et on ne blesse personne en publiant des photos de chats dans une bouteille (puisque les chats ne sont pas sur les réseaux sociaux), soit on publie des trucs provocants et on ne répond pas aux cris d’orfraies, mais alors on gagne peu à peu une réputation sulfureuse et même éventuellement contraire à la réalité, soit on y répond et on meurt de faim.
    Je n’ai pu me résoudre qu’à la dernière, jusqu’au jour où mon chien, mon chat et mon fils sont morts de faim…

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