Un monument est tombé – partie 2

[Reportage] L’immense acacia tombé dans la cour de récré de l’Ecole Belge de Kigali nous réserve encore quelques découvertes. Suite de notre recensement de biodiversité d’urgence, avec Naznin Jinah et Thibaut Sixela comme photographes attitrés.

Ce post fait suite à la première partie du monument qui est tombé.

L’acacia ralentit sa croissance lors de la grande saison sèche, ce qui est visible sur une coupe de tronc. Les cernes sombres sont les saisons sèches subies par l’arbre. Une saison sèche par année donne, si on compte les cernes de croissance, une idée de l’âge de l’arbre : aux alentours de 50 à la base du tronc. Et pour le comptage, nous avons été aidés par une araignée crabe qui, lorsqu’elle est à l’affût, place ses pattes antérieures comme…

…un crabe ! Une fois qu’un petit insecte s’approche d’elle, elle l’attrape et n’hésite pas à le poursuivre si nécessaire !

Cernes de croissance et araignée crabe

Cernes de croissance et araignée crabe

La coccinelle, insecte prédateur également, a son plat préféré : les pucerons. C’est d’ailleurs à cet effet que la coccinelle est utilisée en lutte agricole biologique.

Coccinelle

Coccinelle, Epilachna spp.

Après la reproduction, la mante religieuse femelle mange son « ex ». Sympa. Ce repas nuptial lui permettra de pondre ses œufs dans une réserve de nourriture qu’elle a elle-même fabriqué. Cet ensemble, c’est l’oothèque. Dans la photo ci-dessous, les bébés sont déjà sortis il y a, houlala, belle lurette !

Oothèque de mante religieuse

Oothèque de mante religieuse

Pour poursuivre dans la reproduction, il y a certains insectes qui profitent des tissus végétaux pour y créer un abri pour leurs œufs. Après que les insectes aient pondu dans les tissus végétaux, la plante s’adapte et forme ce genre de tissus en boule :

Cocon végétal

Cocon végétal

Et à l’intérieur, ça donne ça : on y distingue les petites loges.

Cocon végétal : vu de l'intérieur

Cocon végétal : vu de l’intérieur

En en parlant d’œufs, si on retrouve ça, des œufs de gecko, eh bien, il doit y avoir…

Oeufs éclos de geckos

Oeufs éclos de geckos

…ça :

Gecko, Hemidactylus spp. (mabouia ?)

Gecko, Hemidactylus spp. (mabouia ?) Focus sur ses pattes !

Un gecko ! Focus sur ses pattes, dont la structure particulière lui permet de rester collé sur les murs et les plafonds des maisons, sur les troncs et les branches, la tête à l’envers. Un magnifique insectivore. Mais ce qui nous a surpris sur cet individu, c’est sa queue, observez-bien :

Gecko à la queue qui repousse

Gecko à la queue qui repousse

Elle est effectivement amputée, mais elle repousse ! Si vous avez déjà essayé d’attraper un animal pareil, vous tenterez sûrement de l’attraper par la queue, comme la plupart de ses prédateurs d’ailleurs ! Le gecko a développé une tactique assez particulière : si on lui attrape la queue, elle se détache ! Un sacrifice qui lui permet de fuir pendant que l’ennemi se concentre sur le bout de chair gagné. Cependant, le gecko a besoin de ce bout de queue pour lui donner de l’impulsion pour ses déplacements, alors elle repousse. C’est ce que l’on peut observer là, le petit moignon de queue qui commence à repousser tout à l’arrière de la bête. Et pour les âmes sensibles, le gecko ne souffre pas quand il est comme ça entre mes doigts.

Et finissons par une jolie image d’un mille-pattes sur une coupe de tronc.

Millipède, mille-pattes

Millipède, mille-pattes

Malheureusement, la vraie fin sera celle là. Et ce sera la « chute » de l’article aussi…

Découpe de l'Acacia

Découpe de l’Acacia

The following two tabs change content below.
Eric Leeuwerck
Je suis un barbouze de l'enseignement des sciences et un acharné des manips à l'arrache. Je sévis actuellement à Kigali. Voilà.

Une réflexion au sujet de « Un monument est tombé – partie 2 »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *