Lagrenouille

Un coeur gros comme mon popotin

Quel titre élégant. J’avoue qu’il y a des angles d’approche plus romantiques en cette Saint-Valentin… Le romantique symbole des amoureux serait-il une paire de fesses ?

La fête est passée ? Ah oui, mais j’ai encore entendu une pub pour des voyages en amoureux à la radio ce matin ! D’accord, je suis quand-même en retard pour mon sujet. Ouais, mais j’ai de quoi me faire pardonner, on va parler de fesses !

Big Bang Theory, saison 4 épisode 10. « La forme du cœur de la Saint-Valentin n’est pas celle d’un vrai cœur humain, affirme Amy Farah Fowler, mais celle d’un postérieur féminin à l’envers » .

Et puis, il y a ce jour où, lors de la dissection d’un cœur de vache en classe, une élève, que je nommerai « K » me fait remarquer que la viande déchiquetée dans le bac à dissection ne ressemble en rien au symbole amoureux classique.

C’est vrai que ceci :

Vue externe du coeur ; https://www.corpshumain.ca
Vue externe du coeur ; https://www.corpshumain.ca

N’a rien à voir avec cela :

Vive les bigleux ! https://rlv.zcache.fr/
Vive les bigleux ! https://rlv.zcache.fr/

Ou encore ceci :

L'ortaugrafe, c'est cool
L’ortaugrafe, c’est cool

 

Suite à un court silence gêné après la remarque de K, la question fatidique arrive :

– D’où vient le symbole du cœur, Monsieur ?

– Euh, ça te fait penser à quoi ?

– Bah, pas à ce qu’il y a dans le bac à dissection en tous cas !

– Bon, je vais encore avoir l’air d’un pervers, c’est dur d’être prof de bio

– Mais nooon ! C’est bien d’être prof de bio !

– C’est une paire de fesses, si tu regardes le symbole du cœur à l’envers

– …euh…

– Essaie, dessine un cœur à l’envers !

– Oh ! Mais c’est vrai !

– Ok, je ne suis pas le seul pervers ici

Le cœur vu sous cet angle représente bien une paire de fesses, de derrière, en levrette quoi. Voilà-voilà.

De plus, selon certaines recherches personnelles super fiables, le symbole du cœur aurait été importé par les vikings qui, pour se rappeler de leurs femmes, gravaient deux demi-cercles l’un à côté de l’autre sur le bois de leurs drakkars à leur place favorite pour ramer, histoire de se motiver. Ils sont même arrivés jusqu’en Amérique du nord avec ça ! Ce n’est que plus tard que ce symbole sera fermé par une pointe sur le dessus et retourné, si je puis dire.

Deux questions à deux francs cinquante ( ce qui fait un total de questions pour 5 francs) : que penser du culte du Sacré-Coeur de Jésus Christ et que représente le cœur percé d’une flèche par Eros ? Vous pensez à la même chose que moi ? C’est naturel, ne vous en faites pas. Sans cela, on ne serait plus sur cette terre.

La Saint-Valentin avec classe et élégance, c’est avec Rock’n’Science!.

Bonne nuit.


Comment rater sa manip : la réaction du Mentos dans le Coca light

Le mode op’ est simple : mettre rapidement quelques pastilles Mentos dans du Coca Light, fermer rapidement la bouteille (optionnel) et attendre soit une explosion de bouteille, soit un grand jet de mousse… Cependant il est possible de rater cette expérience !

Je vais vous expliquer comment est-ce que I, âgé de 13,5 ans et dont je préfère protéger l’identité pour des raisons évidentes (je ne tiens pas à compromettre sa potentielle carrière scientifique), a réussi à rater son exposé et sa manip du « mentos dans le coca ».

I commence son exposé par « eh ben voilà, je vais vous présenter la réaction qui se passe entre le coca et le mentos, je vais d’abord vous expliquer ce qui se passe ». Silence. Devant la classe, I se met à me fixer. Je lui fait un clin d’œil pour le rassurer, essayant de lui dire « ça va aller, t’es juste un peu nerveux, je comprends ». I me répond par un clin d’œil. Je demande « et ensuite, qu’est ce qui se passe ? », I répond « Eh bien, il y a de la mousse quand on a mis les mentos dans le coca ». Silence. I me fixe encore et me fait encore un clin d’œil. Cette fois, je crois que c’est lui qui essaie de me rassurer, mais je ne sais pas de quoi. « Et pourquoi est-ce que le mentos dans le coca fait des bulles ? » Je ne pensais pas que cette question était un piège… I avait tellement insisté pour présenter un exposé sur la réaction du coca et du mentos, « parce que c’est cool » avait-il argumenté deux semaines auparavant. J’insiste et lui lance « alors ? Qu’est-ce qui se passe ? », ce qui se solde par « eh ben, j’sais pô…  Ah oui je sais ! La nucléation » (clin d’œil). Et comme I n’arrive pas à m’expliquer ce qu’est la nucléation, je propose à la classe de sortir dans la cour pour réaliser l’expérience. Une chance pour I de se rattraper car je me dis que si ce n’est pas un théoricien, c’est peut-être un excellent expérimentateur.

I ouvre la bouteille de Coca Light. Comme un cowboy, devant les yeux ébahis des élèves, I sort de sa poche un paquet de mentos tellement vite que deux ou trois pastilles volent par terre. « C’est pas grave », de toute façon, la moitié du paquet est déjà passée dans le tube digestif de I cinq minutes avant l’exposé. Il reste 2 pastilles de mentos pour la manip qui sont placées avec dextérité dans la bouteille, le coca passe du brun foncé au brun clair de la mousse, ce que I regarde ébahi, quand soudain, SOUDAIN, I nous dit « et maintenant je devrais fermer la bouteille mais je ne retrouve pas le bouchon ». Et la mousse s’écoule mollement hors de la bouteille, comme je ne sais pas quoi, mais c’est comme quelque chose de mou. I se tourne vers moi et me demande si son exposé était bien. J’ouvre la bouche mais je n’arrive à faire sortir aucun son.

Mais nom d’une burette bouchée ! C’est pas compliqué cette expérience !

 

D’abord, ce qui se passe : lorsque l’enrobage du mentos entre en contact avec le liquide, il se dissout, ce qui a comme conséquence de multiplier les centres de formation de gaz carbonique. En effet, pour passer de l’état dissout à l’état gazeux, le gaz carbonique a besoin de se « nucléer » autour d’une particule de matière, c’est la fameuse « nucléation ». Vu que l’enrobage du mentos libère beaucoup de particules en même temps en solution, une grande quantité de CO2 gazeux est produite en un laps de temps très court ! Cette explication est ma version personnelle, d’autres sources disent qu’il y a une réaction acide-base entre l’acide carbonique du coca et l’enrobage du mentos… Mais je ne suis pas convaincu… l’enrobage n’est pas basique et puis, c’est le gaz carbonique dissout en solution qui passe à l’état gazeux, il n’est pas produit par réaction chimique.

En théorie, cela pourrait fonctionner avec n’importe quelle substance très soluble dans n’importe quelle boisson gazeuse, comme le sel dans la bière (version prolo) ou du sucre glace dans du champagne (version bling-bling)

Il y a deux manières d’exploiter ce phénomène de nucléation :

1. Le jet de mousse (aussi appelé « Geyser »)

Matériel / Réactifs

  • 1 bouteille de coca light
  • 4-5 pastilles de mentos
  • Papier collant

Mode opératoire

Attacher les pastilles de mentos avec le papier collant de manière à ce qu’elles puissent passer d’un coup et toutes ensemble dans la bouteille de Coca. Ouvrir la bouteille de coca, laisser tomber le paquet de pastilles mentos dans la bouteille. S’écarter avec prestance. Observer le jet de mousse qui peut atteindre, selon les experts, trois mètres.

Remarque : si vous ne désirez pas vous encombrer avec du papier collant pour coller les mentos, il existe sur le marché un « kit geyser » pour mentos et coca… Mais où va le monde ?

Geyser tube. Source : https://www.gregorypouy.fr
Geyser tube. Source : https://www.gregorypouy.fr

2. La bouteille à réaction

Matériel / Réactifs

  • 1 bouteille de coca light
  • 4-5 pastilles de mentos
  • Papier collant
  • a. Bouchon de la bouteille
  • b. Bouchon de liège ou en caoutchouc

Mode opératoire

Attacher les pastilles de mentos avec le papier collant de manière à ce qu’elles puissent passer d’un coup et toutes ensemble dans la bouteille de Coca. Ouvrir la bouteille de coca, laisser tomber la paquet de pastilles mentos dans la bouteille…

…a. Fermer la bouteille avec le bouchon en caoutchouc et vite poser la bouteille par terre ou sur une rampe de lancement. Attendre. ATTENTION ! Ne pas se placer devant la bouteille !

 

Bouteille à réaction mentos coca. Source : https://www.gentside.com/mentos/wallpaper
Bouteille à réaction mentos coca. Source : https://www.gentside.com/mentos/wallpaper

OU

…b. Fermer la bouteille avec le bouchon de la bouteille. A ce stade, on peut soit ouvrir le bouchon d’un coup et observer le jet ou alors, jeter la bouteille par terre (c’est rock’n’roll et super dangereux si la bouteille se dirige vers un camarade d’expériences de jardins, mouvement chaotique si la bouteille se fend au lieu de faire sauter le bouchon).

Commentaire

Ce qui se passe dans ce dernier cas est que le gaz s’accumulant dans un volume fermé, la pression augmente dans la bouteille, jusqu’au moment où la bouteille ou le bouchon ne tient plus le coup et expulse violemment son contenu par le goulot. L’action de la matière expulsée va provoquer comme réaction le déplacement de la bouteille en sens inverse à l’expulsion du liquide. Action-Réaction.

Ow yeah. Bon amusement !

 

Bon courage I, on a tous foiré des manips faciles tu sais…

Ron Burgundy, « it’s science »

 


Quand les braconniers jouent à la sélection naturelle

Près de 25 000 éléphants par an sont victimes du braconnage. Une sélection « naturelle » exercée sur les longues défenses

On s’arrête devant le mastodonte. Qu’est-ce qu’il est beau ! En face de nous, un éléphant, paisible, en train de choisir soigneusement avec sa trompe les plantes qu’il va ingérer. Il nous jette quelques regards, juste pour voir qui on est, si on lui veut du mal ou pas. « Les humains font maintenant partie de l’environnement des éléphants d’Afrique. Est-ce qu’il y a encore des zones où les éléphants n’ont jamais vu d’humains ? Je ne pense pas. L’humain se mêle de tout, partout. » Le guide me sort de mes pensées, « il a de petites défenses, il n’y a plus d’éléphant avec de grandes défenses. C’est le braconnage qui exerce une sorte de « sélection naturelle » sur eux, un éléphant avec de grandes défenses sera tué. Maintenant qu’ils sont tous tués, sans même se reproduire, les populations d’éléphants ont maintenant de petites défenses ». L’explication est limpide. Et cinglante comme une condamnation à mort.

Loxodonta africana, Quee Elizabeth, Ouganda. Photo Rock'n'Science!
Loxodonta africana, Quee Elizabeth, Ouganda. Photo Rock’n’Science!

Et maintenant ? Seul le critère d’avoir des défenses suffit pour dézinguer un éléphant. Il sera repéré, les défenses arrachées jusqu’aux racines et le pachyderme sera laissé sur place, mourant lentement se vidant de son sang. L’ivoire sera ensuite vendu, revendu, revendu et encore revendu jusqu’à atteindre des prix mirobolants sur les marchés. Le braconnier auteur du crime, n’aura qu’une faible part du gâteau, une paie de survie, et n’a probablement même pas conscience de ce qui est en train de se passer. C’est lui qui se fera arrêter pour passer quelques années en prison. Les barons de l’ivoire eux, ne seront jamais inquiétés.

 Les chiffres sont accablants : près de 25 000 éléphants sont tués chaque année par le braconnage, sous la pression d’un véritable trafic international organisé. A ce rythme, dans une décennie, on ira voir les derniers éléphants survivants du massacre dans les zoos. On tentera de les reproduire en captivité. On conservera des échantillons de chair pour préserver leur ADN, au cas où, un jour, ça ira mieux, et on pourra les cloner. Ça nous changera des questions telles que « peut-on cloner un dinosaure ? Ou un mammouth ? »

Les derniers éléphants finiront dans un zoo. Rock'n'Science
Les derniers éléphants finiront dans un zoo. Rock’n’Science

Nos espèces disparaissent. Notre terre change. Quand elle n’y aura plus d’Eléphant, de Rhino, de Lion, de Gorille, de Léopard, de Tigre, d’Orang-outang, de Thon, de Baleine, de Bonobo, de Pingouin, de Dauphin, de Chimpanzé, de Lion des mers, de Lycaon, d’Ours, de Dugong, de Requin, d’Iguane, de Panda… notre place à nous, elle sera où ?

 

 

 


Les Noirs n’ont pas de cors aux pieds parce qu’ils marchent pieds nus

Les laboratoires COLIN S.A. véhiculent un stéréotype raciste dans la notice de leur Diable vert.

Un matin de la semaine passée en arrivant à l’école, Pierrot m’interpelle « hé ! Lis ça, tu vas me dire si tu ne remarques pas quelque chose ! » Je me mets à lire le paragraphe conservation du mode d’emploi du coricide liquide Diable vert des laboratoires COLIN S.A.

 Et effectivement, outre l’acide salicylique qui devient de l’acide saliylique (sic), il y a quelque chose d’étrange. Lisez plutôt :

Diable vertconservation

Hein ? « Souvenez-vous que les Noirs qui marchent pieds nus n’ont pas de cors ! »

 Mais ça veut dire quoi ? Qu’il n’y a que les Noirs pour marcher pieds nus ? Que les Blancs ou les Jaunes ou les autres couleurs de peau qui marchent pieds nus attrapent des cors aux pieds ?

On est bien loin certes d’une certaine époque où on parlait des « Noirs », les Africains comme une partie exotique de l’humanité, stéréotypée comme s’habillant d’un simple pagne, un étui pénien à la limite (ah non, ça, c’est les Papous… petite allusion au Crocodile du Botswanga avec Thomas Ngijol 😉 ), tentant de joyeusement chasser le lion, sagaie à l’épaule, à défaut de pouvoir faire mijoter un explorateur blanc dans une énorme marmite en fonte troquée à un marchand blanc en échange d’ivoire, dansant et chantant à tue-tête « awimbawéééé », euh, et je pourrais continuer à décrire ces paysages de stéréotypes pendant encore au moins 10 pages.

On en a pas eu assez de promener des Africains dans des expositions universelles comme des bêtes de foire, avec des pancartes « défense de donner à manger aux indigènes » ? Le dernier zoo humain en Belgique n’est pas si éloigné que ça : 1958, Bruxelles et son village congolais à l’Exposition Universelle, l’Atomium est toujours là pour nous rappeler que cette histoire sombre de la colonie remonte à peine à un peu plus d’un demi-siècle d’Histoire. Le temps passe, mais les stéréotypes racistes restent puisque selon les laboratoires belges COLIN S.A. ce sont les Noirs qui marchent pieds nus. C’est honteux.

Pour en revenir aux cors aux pieds, il y a facilement moyen d’utiliser des remèdes naturels comme déambuler pieds-nus, arf. Sinon, pour les principes de base, les propriétés acido-basiques de l’hydrogénocarbonate de sodium (abusivement appelé bicarbonate de soude), du jus de citron, du vinaigre ou de l’aspirine sont assez efficaces. Les enzymes protéolytiques de la papaye et de l’ananas aussi !

Quelques recettes ici, pas besoin de financer les labos COLIN S.A. et leurs verrues cérébrales pour se soigner.

 La notice complète du Diable vert coricide des labos COLIN S.A. :

Notice Coricide Diable Vert, Laboratoires COLIN S.A.
Notice Coricide Diable Vert, Laboratoires COLIN S.A.

 


Votre Horoscope 2015 est prêt !

Que te réserve l’année 2015 ? Tu le sauras grâce à ton horoscope – à l’effet de de puits – personnalisé !

« Plus un discours est vague et creux, plus on sera tenté de le trouver profond et persuasifC’est  « l’effet de puits » la base de la rédaction des horoscopes. Des expériences ont également montré que ces déclarations vagues ont un pouvoir de persuasion supérieur au discours spécifique et personnalisé d’un psychologue ! Ça, c’est pour l’effet « Barnum ».

Un exemple ? Il suffit de le demander ! Voici, cher ami lecteur, ton horoscope à toi, personnalisé pour toi !

Que te réserve 2015 de janvier à décembre ?

Pour cette nouvelle année, tu auras besoin de la reconnaissance de certaines personnes de ton entourage sans pour autant cesser de faire preuve d’esprit critique par rapport à toi-même. Les faiblesses de caractère que tu te connais ne t’empêcheront pas de surmonter les difficultés qui viendront à toi. Cependant, tu auras parfois du mal à mettre à profit tes considérables capacités, ce qui ne sera pas à ton avantage, surtout pour réaliser tes aspirations qui ont tendance à être, pour le moment, assez irréalistes. Heureusement que tu sauras te discipliner en temps voulu et faire preuve de self-control dans les moments délicats, même si ta tendance à être soucieux et incertain intérieurement à tendance à te déstabiliser. Quelquefois, tu as même de sérieux doutes quant à savoir si tu as pris la bonne décision !

Des petits changements dans ta vie ne te feront pas de mal, c’est ton tempérament, mais tu te sentiras frustré et insatisfait lors des petits aléas de la vie que tu vas rencontrer tels que certaines restrictions ou limitations, financières et relationnelles principalement.

Tu feras preuve de sociabilité en sachant mesurer ton côté extroverti, sans pour autant laisser de côté ta tendance introvertie, prudente et réservée. Cela sera parfois même à ton avantage et tu en seras fier : penseur indépendant, tu n’acceptes pas les déclarations des autres sans preuves convaincantes. Tu trouveras effectivement imprudent d’être trop franc, il faut veiller à ne pas te révéler toi-même aux autres !

Tu as compris l’astuce ? Alors à toi de jouer, compose ton propre horoscope pour épater la galerie ! Il y en a qui se sont fait des gonades en or avec ces effets de « puits » et « Barnum » ! Un lecteur de ce post deviendra-t-il le futur Madame Soleil ou Elizabath Tessier grâce à la science ?

L’Avenir nous le dira.


Pour les petits maux de vos élèves : un placebo acido-basique

C’est l’interro de chimie et vos élèves sont soudain pris de mal de tête. Solution ? Leur  administrer un placebo made in « Rock’n’Science! »

Direction : infirmerie, « va t’allonger un peu, tu dois être fatigué ». Et là, l’infirmière de service va administrer à votre élève un remède extraordinaire que vous lui avez fourni, de l’eau reconstituée ! On s’explique. Si on mélange un acide avec une base dans de l’eau, les substances vont réagir pour former un sel et… un peu d’eau ! Et tout cela prendra des allures d’une aspirine effervescente. Effet (placebo) garanti ! Les élèves reviendront bien vite en classe de chimie, soulagés de leur mal grâce à… la chimie. Le mal soigné par le mal.

Comment réaliser cette petite poudre magique ? Mélanger 1/3 en masse de poudre d’hydrogénocarbonate de sodium – abusivement appelé « bicarbonate de soude » ou « bicar » – et 2/3 en masse de cristaux d’acide citrique, disponibles dans les épiceries. L’acide citrique, ce sont ces petits cristaux que l’on retrouve sur les bonbons acidulés. Ce mélange de poudres à l’état solide est relativement stable et peu se conserver quelques mois. Il est utilisé en proportions 1/4 hydrogénocarbonate et 3/4 acide citrique pour réaliser les comprimés effervescents. Une fois dans l’eau, l’acide et la base se neutralisent, la décomposition du bicarbonate de soude provoque la formation de bulles de dioxyde de carbone. Après avoir bu la solution une fois l’effervescence terminée, le bicarbonate étant sur dosé, le goût ne sera pas des meilleurs (tendance médoc). L’élève sera convaincu d’avoir ingurgité une aspirine ! Il s’en sentira beaucoup mieux.

Qu’est-ce qui se passe en solution ? Ceci :

C6H8O7 + 3NaHCO3 C6H5O7Na3 + 3CO2 + 3H2O

 

 

C6H8O7 : Acide citrique

NaHCO3: Hydrogénocarbonate de sodium

CO2 : Dioxyde de carbone, responsable de l’effervescence

C6H5O7Na3 : Citrate de sodium, le « sel »

H2O : Hémioxyde d’hydrogène A.K.A. « eau ».

(AaaAAaargh ! Mon mal de tête revient !)

Ah, les pouvoirs de l’esprit et de la chimie.


La Roussette paillée, ma voisine, est une star mal aimée

On les soupçonne d’être d’intimes complices de tueurs en série tels que Ebola, Rage et autres fièvres diverses. Elles sont aussi le réservoir naturel de la fièvre de Marburg qui tue jusqu’à 90% des malades. Oui, de vraies stars.

La première fois que je les ai aperçues c’était à la tombée de la nuit, elles aiment cultiver le mystère. On est pas toujours très sûr de ce qu’on voit à ce moment, la lueur de la lune est encore timide et on doute que le soleil nous éclaire encore. Alors, quand on voit, haut dans le ciel, des souris voler, on se demande ce qui se passe. Leurs ailes d’une bonne trentaine de centimètres d’envergure aux longs doigts frêles tendent une fine membrane de chair le tout surmonté d’une tête de rat ! C’est la Roussette paillée, Eidolon helvum, qui est répartie un peu partout sur le continent africain. Elles volent par dizaines, toutes dans la même direction, chaque fin de journée c’est le même rituel. Je ne sais pas si elles migrent, si elles vont vers un territoire de chasse ou si elles reviennent en sens inverse au lever du jour. Parce qu’il y en a plein d’autres qui restent dans les arbres de mon quartier, nuit et jour. Elles s’y disputent, se reproduisent, meurent même. A bout de force, certaines tombent à terre. Et là, c’est la folie. Les personnes font un cercle autour de la bête agonisante. Au sol, elle a un aspect hideux, elle rampe, ses ailes sont encombrantes et ont l’air d’être une excroissance inutile. L’animal cherche à fuir, à monter sur un tronc assez haut que pour prendre son envol – les chauve-souris ne savent pas prendre leur envol depuis le sol – mais la drôle de bête ne pourra pas aller bien loin. Les gens s’agitent devant ce spectacle, on se fait peur, on la tape avec une branche jusqu’à ce que quelqu’un lance l’idée qu’elle pourrait être malade. On s’écarte prudemment. Elle sera laissée agonisante et ensuite ramassée avec un bâton, posée au fond d’un sac poubelle.

J’en ai une fois recueilli une. Des élèves m’avaient signalé qu’une chauve-souris se traînait dans une des rigoles de l’école. Elle était mal en point, probablement blessée par un Milan, Milvus Parasiticus. Elle n’a pas passé la nuit mais j’ai cependant eu le temps de l’observer un peu. Les ailes glabres, les doigts surmontés de griffes longues et courbées, la mâchoire et le museau d’un chien en miniature, les yeux globuleux et étrangement expressifs. Et quand elle se cache derrière ses ailes membraneuses, les oreilles elliptiques toujours à l’affût, elle prend un air de vampire. Faux air – question de style bien-sûr – puisque la Roussette est frugivore. Mais je ne doute pas qu’elle puisse infliger de belles morsures à qui tente de la taquiner !

Roussette
Roussette paillée, Eidolon helvum, (Eric Leeuwerck, (CC BY-NC)

Elles voyagent à vue contrairement à la majorité de leurs congénères chiroptères, d’où leurs gros yeux. Elles jouent un important rôle de pollinisation et de dissémination des graines, d’arbres principalement. Les roussettes et le baobab ont à ce niveau une relation très intime, elles pollinisent les fleurs des emblématiques arbres qui s’ouvrent à la tombée de la nuit et fanent au matin.

Le jour, dans les arbres, elles se regroupent, tête à l’envers par grappes. Elles se disputent, avec des coups d’ailes, de griffes de dents et des cris, des sortes de gargarismes. L’enjeu des querelles ? Rester le plus près du tronc, à l’abri des prédateurs.

Et en-dessous des arbres qui les abritent, des déjections, des cadavres, des mouches et une odeur très désagréable. Alors elles sont chassées. Et comme les arbres dans Kigali sont progressivement abattus, elles se retrouvent toutes aux mêmes endroits. Il y a encore quelques mois, elles squattaient aux alentours des parcelles de la Présidence mais les militaires de la Garde leurs tiraient dessus. Elles ont migré vers le sommet de la colline, toujours à Kiyovu, dans le quartier de l’Ecole Belge. Elles ont d’abord élu domicile sur les arbres du Lycée de Notre-Dame de Citeaux mais les nonnettes de l’internat ont décidé de faire couper leurs arbres à leur tour… Elles sont parties, en nuées de centaines de roussettes, pour s’abriter dans les grands arbres autour de l’Ecole, là où vivent certains profs. Les jardins et les impasses se remplissent de déjections, de bruit et de roussettes mortes. On me consulte – prof de bio oblige – pour savoir ce qui peut être fait pour les faire fuir mais je ne sais pas, planter des arbres ? Les laisser tranquille ? Les chiroptères de manière générales sont directement menacés par le réchauffement climatique. Ici, à Kigali, l’urbanisation s’acharne sur elles aussi. Par principe et en théorie, toute vie sauvage est protégée au Rwanda. Mais dans la pratique rien n’est mis en place pour la protection des espèces peu médiatisées. Leur population n’est pas recensées, pas de refuge n’est prévu pour les roussettes, il y a facilement plusieurs centaines de ces bestioles dans le quartier ! Et leur mauvaise réputation, exacerbée par la médiatisation d’Ebola ne joue pas en leur faveur. Même si leur population est stable pour le moment, un potentiel de menace existe sur les roussettes.

Et à propos, quelle est la solution envisagée par l’administration de l’école belge ? Abattre les arbres. ce qui a été fait ce matin.


Le grand remplacement des blonds par les malades de drépanocytose

En ce qui concerne la démagogie, l’extrême droite ne va pas assez loin. Leurs grosses têtes pensantes affirment qu’il y a une invasion de malades de la drépanocytose en France, histoire d’argumenter leur géniale théorie du grand remplacement démographique. Ils oublient de préciser qui sera remplacé : les blonds.

Il a été démontré, dans une étude à la con,  que les blonds étaient en voie de disparition. Et, par extension, les personnes aux yeux clairs aussi. Et ceux qui ont des poils sur les oreilles après trente ans aussi.  Et donc, par plus grande extension encore, la théorie ou plutôt le fantasme du grand remplacement démographique de l’extrême droite peut s’appliquer à une étude de cas précis : les blonds en voie de disparition seront remplacés dans quelques générations par des malades de drépanocytose en voie d’apparition.

Afin d’étayer cette thèse, certains termes barbares doivent être explicités.

La drépanocytose est une maladie génétique héréditaire. Les symptômes de la maladie – anémies, infections bactériennes, accident vasculaire occlusif – sont provoqués par une déformation des globules rouges qui sont en forme de croissant de lune. Ce sont principalement les populations originaires des régions tropicales qui sont victimes de la maladie, plus précisément, dans les zones où sévit la malaria : cette mutation protège du paludisme. Son mode de transmission est autosomique récessif, il faut que les deux parents soient au moins porteurs chacun de la maladie, sans pour cela l’exprimer, pour avoir la possibilité de faire naître des enfants malades de drépanocytose.

Un(e) blond(e) est une personne malade de cheveux blonds. C’est une maladie génétique héréditaire au mode de transmission autosomique récessif qui résulte d’une production de phaeomélanine dans les cheveux.  Ce sont principalement les populations originaires du nord de l’hémisphère nord qui sont victimes de cette maladie.

Alors, posons la question : les blonds du Nord peuvent-ils disparaître à la faveur des malades de drépanocytose du Sud ?

A moins d’être un eugéniste fini et de faire promettre aux blonds de ne jamais avoir d’enfants avec d’autres blonds ou des personnes ayant des parents blonds jusqu’au second degré sous peine d’une malédiction style enfer promis pour les enfants des enfants de tes enfants,  l’allèle « blond » se diffusera de la même manière que n’importe quel autre allèle dans les populations humaines et ne disparaîtra pas.

Ah oui, en génétique, un « allèle » est la « valeur » d’un caractère. Par exemple, le caractère « couleur des cheveux » peut avoir les allèles blonds, roux, brun, etc.

De même pour la drépanocytose, à moins d’être un eugéniste fini et de faire promettre aux malades de drépanocytose d’avoir des enfants uniquement avec des victimes de drépanocytose sous peine de malédiction style « accident nucléaire mortel pour les enfants des enfants de tes enfants » alors oui, il pourrait se maintenir une forte population drépanocytaire en Europe. Et pour que la drépanocytose se maintienne sur le long terme, il faudrait confiner les populations malades, un concept cher aux militants d’extrême droite, hérité du crétinisme des vallées : « Ta cousine, c’est mieux pour toi que pour moi ».

Et même si on fait promettre aux blonds d’avoir des enfants avec des malades de drépanocytose et vice-versa, il y aurait une plus grande proportion de la population blonde victime de drépanocytose mais jamais les blonds ne disparaîtraient.

Et jamais, les malades de drépanocytose ne vont envahir l’Occident.

La théorie du grand remplacement même si elle excite l’extrême droite, ne tient pas la route. Alors, autant en rire et la tourner en dérision ! En tous les cas, je me suis bien amusé à rédiger ce post.

Que les militants d’extrême droite en ravalent leur haine !

 


Scier la branche…

Scier la branche sur laquelle on est assis ! Ou sur laquelle sont assis les pélicans.

On était content de nos pélicans blancs (Pelecanus onocrotalus) à l’entrée de l’école belge de Kigali, on en parlait sur un blog ou l’autre, on en prenait de belles photos que voici :

Le grand Pélican blanc
Grand pélican blanc à Kigali ; photo de Sébastien Pire
Pélican Blanc ; Photo de Sébastien Pire
Grand pélican blanc à Kigali ; photo de Sébastien Pire

Depuis que les nids d’un arbre de l’autre côté de l’école belge de Kigali avaient été détruits pour de sombres raisons d’odeurs, une timide mobilisation avait réussi a sauver un autre arbre choisi par d’autres pélicans pour nidifier, toujours à l’école belge. Des enfants avaient été choqués de voir les œufs écrasés par terre alors qu’ils venaient d’observer avec leur instit le matin même, les oiseaux.

Les pélicans faisaient dès lors partie du paysage. Normal, mais avec le Master Plan qui est déjà en marche et qui change toute la face de la ville, les pélicans s’inscrivent sur une liste d’espèces vivantes qui ne feront plus partie du décor de la cité du futur. Une nouvelle ville avec de longues avenues, des immeubles à minimum quatre étages, des gratte-ciels style « Nairobi », et des espaces verts, verts comme de grandes surfaces de gazon et des haies de bougainvilliers bien taillés. Et vert comme des palmiers, alignés en rang d’oignons au milieu des longues avenues. Une belle petite LEGO® City.

Alors on se disait, en regardant « nos » pélicans, qu’il y avait un petit coin de biodiversité qui résistait à Kigali. Ils ne sont pas menacés, mais leurs sites de nidification se raréfient à cause de l’urbanisation. Ils allaient chercher du poisson dans la rivière en bas de la colline, du côté de Kimisagara, on découvrait les œufs, on les voyait éclore, on les voyait grandir. Et se disputer bien souvent, faute de place. Une fois, l’un d’eux est tombé :

Pely
Pely le pélican

Suite à une bagarre, il a perdu l’équilibre et n’a pu se rattraper à temps. Il a percuté une tôle en Eternit du toit de l’école et est resté au sol. Voir un grand pélican blanc d’aussi près en a étonné pas mal ! Malheureusement, il s’était fracassé une côte. Il est mort quelques heures plus tard malgré les soins de Jode, une vétérinaire américaine qui possède un petit sanctuaire pour animaux.

Et voilà qu’après un retour de voyage, en septembre, l’arbre à pélicans ressemblait à ça :

Arbre pélican
Restes de l’arbre à pélicans

Une grosse tige, là, dans le fond de la photo. La version officielle des responsables de l’école belge est qu’ « ils étaient partis alors, on en a profité pour élaguer l’arbre ». Mouais.

On a du mal à évaluer ce que chasser des pélicans de leur habitat peut avoir comme influence sur notre vie. Moins d’odeurs ? Une probabilité moins élevée de se retrouver aspergé par des fientes blanches à l’odeur de poisson ? Ben oui.

Et sur l’Humanité ? Peut-être pas grand-chose, si ce n’était qu’eux. Mais ce ne sont pas que les pélicans qui sont chassés. Dans ce contexte de perte drastique de biodiversité que connaît notre fine croûte terrestre, on assiste à la vulnérabilisation d’une espèce en plus. Je ne voudrais pas dire à mes gosses que « j’y étais », mais oui, je devrai leur dire, « oui, j’y étais ».


Corrections sous Metal et Caféine

Les séances de corrections des examens de sciences, entre torture mentale et session sado-masochiste c’est l’occasion d’avoir un bon prétexte pour ne pas entendre les moutards gueuler à côté de moi me solliciter un dessin de dinosaure mais surtout pour se poser les écouteurs sur les oreilles et de mettre la musique à fond.

Correction difficile

Aussi, pour les étudiants qui étudient (non, ce n’est pas aussi redondant qu’on pense), les musiques rythmées sont parfois recommandées, le rythme aide à structurer les éléments intégrés dans la mémoire. Attention cependant à ne pas écouter de la musique à texte dans notre langue maternelle, le cerveau peut tenter malgré lui de comprendre les paroles et l’on encourt alors une «surcharge cognitive», le cerveau «étudiera» moins bien et se fatiguera plus vite.

Et c’est parti… Avec du Metal. Oui, à tous les profs qui me lisent, je recommande le Metal pour les corrections laborieuses. Voici le mod’op des corrections laborieuse sous Metal

Corrections laborieuses sous Metal et Caféine

Matériel

  • Une pile d’examens de science (Chimie ou Bio)
  • Une tasse
  • Une cuillère
  • Des écouteurs
  • Un lecteur de musique
  • Un bic de couleur vive

Réactifs

  • Du café fort (style cafetière italienne qui a été difficile à fermer…)
  • Du Metal

Mode opératoire

  1. Placer la pile de corrections devant soi
  2. Armer le bic de couleur
  3. Placer les écouteurs dans les oreilles. Attention, L siginfie oreille GAUCHE et R, oreille droite.
  4. Injecter de la musique métalleuse dans les écouteurs. Rester calme. Se laisser emporter par la musique
  5. Une fois le stress de la première copie corrigée passé, se verser le café dans la tasse, touiller avec la petite cuillère et boire une gorgée, tranquille.
  6. Continuer les corrections sans interruption jusqu’à la dernière copie, constater la facilité à se concentrer et à corriger.

Explication et crédit scientifique

La musique Rock et le Metal en particulier est une musique entraînante et pour le moins hypnotique. Une fois qu’on est «dans» un morceau, nous pouvons entrer dans un état proche de la transe, une concentration qui permet la répétition d’actes automatiques. Afin de mobiliser les ressources cognitives nécessaires à la correction d’un examen de sciences, une substance psychoactive peut être recommandée, la caféine étant une drogue tolérée par la société, une tasse de café ne sera pas un luxe.

Aussi, pour les étudiants qui étudient, les musiques rythmées sont parfois recommandées, le rythme aide à structurer les éléments intégrés dans la mémoire. Attention cependant à ne pas écouter de la musique à texte dans notre langue maternelle, le cerveau peut tenter malgré lui de comprendre les paroles et l’on encourt alors une «surcharge cognitive», le cerveau «étudiera» moins bien et se fatiguera plus vite.

Si une envie irrésistible de headbang (hochement de tête énergique d’avant en arrière) est ressentie, ne vous en faites pas, c’est normal.

Une telle session de correction est éprouvante. Interrompre un prof qui corrige de la sorte se solde souvent par des regards hagards et des onomatopées agressives.

En ce qui concerne les sons recommandés:

Le stoner metal est un genre très hypnotique, Kyuss et son album Welcome to the sky valley est très bon. Metallica, classique bien sûr, mais les morceau One ou Master of Puppets sont imparables pour les corrections difficiles en fin de session.

Les Misfits, c’est pas mal aussi mais attention, les tendance punks incitent les profs en pleine corrections à se lever et à sauter sur place et à gueuler «Les examens ça sert à rien! Il faut changer le système! A BAS LA CULTURE DE L’ÉCHEC!»